Je m’appelle Lía. Au fil des ans, j’ai compris que les villes se parcourent aussi avec la peau, la mémoire et l’air. Assise sur un banc de la Place des Poètes, j’observe Santurel s’éveiller doucement. Ce lieu ne crie pas son histoire, il la murmure.
Depuis l’enfance, le Château de Santurel est mon refuge secret, où les pierres gardent en silence les saisons passées. Récemment, je suis retournée là-bas, carnet en main, cherchant non pas des histoires mais des plantes, comme cette camomille entre les fissures d’une tour oubliée, réveillant des récits invisibles.
Ensuite, je suis descendue au Pont de la Lune, lieu paisible où la rivière murmure des légendes. Une petite pierre lisse m’a été glissée à mes pieds par une ombre aquatique. Cette pierre simple a transformé ma perception du lieu.
À l’ombre des ormes sur la place, j’ai contemplé la pierre en silence. Une voix discrète m’a invitée à sentir non seulement le présent, mais aussi ceux qui ont vécu avant. Santurel est plus qu’un lieu, c’est la somme des gestes quotidiens, persistants comme des racines.
Bien que je ne sois plus enseignante, cette journée m’a rappelé que j’ai encore beaucoup à apprendre. La ville appartient à ceux qui s’émerveillent et laissent ses secrets simples les transformer.
Peut-être reviendrai-je demain. Mais aujourd’hui, ici, sur la Place des Poètes, je souris en paix, sachant que je suis chez moi, sans carte.
Note : Ce récit est une œuvre de fiction. Les lieux évoqués existent et se visitent.
