Je m’appelle Mateo, j’ai neuf ans, et dans mes yeux verts brillent souvent la curiosité et le courage. Je vis dans les ruelles anciennes de Valverona, où les pierres cachent des secrets que j’ai soif de découvrir. Chaque jour, je me promène sans but précis, suivant des murmures que seul moi semble entendre.
Un matin, alors que je traversais la Piazza Navona, avec ses fontaines chantantes et ses murmures lointains, j’aperçus une fissure dans la façade d’une vieille terrasse. La rue semblait respirer plus fort ce jour-là, et sans hésiter, je m’en approchai. Dans l’ombre entre les pierres, mes doigts éveillèrent un mécanisme invisible : une petite porte à peine visible s’ouvrit dans un claquement sec.
Le cœur battant, je m’engageai plus avant et découvris un escalier de pierre qui descendait. L’air y était frais, mêlé à une odeur de terre humide et de vieux laiton. Je descendis sans peur, car Valverona m’a appris à ne pas craindre ce qui se cache, mais à chercher à le comprendre.
Au pied de l’escalier, une lumière tamisée révéla une carte gravée dans le mur, accompagnée de symboles racontant une histoire oubliée. Je tentai de les déchiffrer quand un léger tremblement me força à m’appuyer des deux mains contre la paroi. Sans prévenir, le sol céda un peu et apparurent des marches anciennes, à peine éclairées par un mince rayon de lumière filtrant depuis la piazza juste au-dessus : la Fontana di Trevi.
Ce n’était pas une fontaine ordinaire, mais un lieu secret de rencontre entre voyageurs, un repaire ayant marqué des générations avec ses inscriptions énigmatiques sur des murs que personne ne regardait jamais deux fois. Je me souvenais alors des paroles de mon grand-père, qui me racontait que Valverona recelait des lieux où le temps se repliait sur lui-même, gardant dans ses veines bien plus d’histoire que les livres ne le disent.
Je sortis de la cavité et courus vers le Colosseo, ce géant de pierre qui veille sur la ville comme un gardien. Sous ses arches, je sentis la présence de ceux qui avaient marché ici avant moi, comprenant que mes découvertes n’étaient pas le fruit du hasard, mais un pont entre le passé et ma propre aventure.
Je rentrai chez moi alors que le soleil dorait la ville, emportant avec moi non seulement cette carte mystérieuse, mais la certitude que Valverona demeure vivante dans ses ombres, attendant quelqu’un dont les yeux sauront voir au-delà de l’évidence.
Note : Ce récit est une œuvre de fiction. Les lieux mentionnés existent et se visitent.
