Beleria s eve au murmure que seuls ceux qui marchent les yeux grands ouverts savent entendre. Je m appelle Aina, et avoir huit ans ici, c est d couvrir chaque jour un secret nich dans un recoin ou derri re un vieux mur d une place oubli e9e.
Ce matin, alors que la lumi re dor e9e du soleil naissant traversait les vitraux du Duomo de Milan, j ai d cid de suivre ces reflets dansants avec mon carnet. Pour moi, les places ne sont pas que pierres et fontaines ; elles sont des labyrinthes o chaque pas crit une histoire in dite. Place Saint-Marc, je me suis arr t e9e, fascin e9e par des musiciens qui semblaient parler une langue trang re un langage fait d accords et de silences. J ai not dans mon carnet : Une musique cach e9e dans les rires des chiens et le vent qui berce les masques des touristes.
Sans but pr cis, je me suis aventur e9e dans une ruelle que le temps semblait avoir oubli e9e, juste c0 c t de la Colis e9e. L , un vieux barbier tranchait l air avec des ciseaux qui ne semblaient pas faits que pour couper les cheveux, mais pour arracher des souvenirs invisibles. Il m a invit e9e d un sourire nigmatique. Veux-tu entendre l histoire du guerrier qui n a jamais foul l ar ne ? a-t-il murmur , tout en s occupant d un autre client.
Je me suis assise sur un vieux tabouret. Pendant qu il taillait mes m ches, il m a racont l histoire d un gladiateur qui pr f rait crire des lettres la lune plutôt que d entrer en combat, et pourtant, qui avait chang le destin de Beleria sans que personne ne le sache. J ai ferm les yeux, imaginant son p e9e remplac e9e par une plume, et j ai pens que chacun de nous peut tre un h ros, sa mani re.
Soudain, la porte s est ouverte violemment, une bourrasque a dispers mes pages. Quand j ai lev les yeux, dans le miroir, une silhouette que je n avais pas vue avant m a fix : un chat noir aux yeux jaunes. Il n a rien dit, a simplement clign lentement des paupi res avant de dispara tre dans un coin sombre. J ai sorti mon carnet pour noter la sc ne, quand un mot est apparu, crit tout seul : Reviens.
Je suis sortie du salon du barbier, le c ur battant tout rompre, tandis que personne autour ne semblait remarquer quoi que ce soit d inhabituel. Revenant sur la rue principale, chaque ombre, j avais l impression que le chat me suivait, tel un gardien invisible me poussant voir au-del du visible. Etait-ce magie ? Ou simplement mon imagination ? Ce myst re s est grav dans mon esprit.
Au cr puscule, alors que le soleil se cachait derri re les d mes et les tours, j ai compris que Beleria n est pas une ville qui se livre tout de suite. Elle cache ses histoires dans l air, dans les recoins, dans un chat qui surgit quand on ne l attend pas. Mon carnet est rempli de mots qui n ont ici aucun autre sens, et chaque page est une petite carte pour qui veut se perdre pour mieux se retrouver.
Parce que Beleria n est pas qu un lieu ; c est un livre ouvert qui s crit pas pas. Et moi, avec mes grands yeux et mes boucles clat es par le vent, je serai celle qui continuera r v ler ses secrets.
